Construit en public, dans les champs

Le rapport de 7h qui arpente ton champ avant toi

Un mot du matin pour un agriculteur à Foggia aujourd'hui, avec des capteurs au sol. Trois autres régions surveillées par satellite pendant qu'on met celle-ci au point.

Hier matin, dans la plaine du Tavoliere

Mardi, 06h38. Giuseppe en est à son deuxième espresso quand son téléphone vibre. Pas un réveil. Solco.

« Champ 2, moitié ouest : l'humidité du sol en profondeur est passée de 24 % à 19 % en quatre jours. Le capteur est plus froid que l'air de 3 °C à l'aube — c'est un signal de stress que ton blé lit avant que la feuille ne le montre. Sentinel a vu la même bande perdre 0,11 de NDVI sur la dernière image. Prévisions : six jours secs, pas de pluie avant dimanche. Envisage d'irriguer mercredi soir. On revérifie demain à 07h00. »

Aujourd'hui, il ne parcourt pas toute l'exploitation. Il va au champ 2.

Le mot du matin, trois formes

Un mardi normal

Champ 1 : stable. Champ 2 : stable. Champ 3 : stable. Pas de pluie attendue avant jeudi. Aucune action.

Un matin où quelque chose change

Champ 3, bande nord : NDVI sous ta plage habituelle pour le troisième jour. Pas encore de signal de stress. Prévisions sèches sur cinq jours. Ça vaut le coup d'aller voir demain matin.

Un matin où il faut agir

Champ 1, moitié ouest : risque de stress thermique jeudi et vendredi — 34 °C annoncés, humidité du sol déjà à 19 %. Envisage d'irriguer mercredi soir. Le champ 3 tient bon.

Les trois sont écrits dans la langue de l'agriculteur, avec les mots qu'un conseiller technique local utiliserait.

Comment ça arrive sur ton téléphone

  1. 1

    Un satellite passe au-dessus de ton champ. Sentinel-2, libre et ouvert, tous les deux à trois jours. On récupère la nouvelle image.

  2. 2

    Le capteur dans ton sol parle toutes les quinze minutes. Humidité et température en profondeur, la couche que le satellite ne voit pas. C'est la seule façon de savoir ce que la plante ressent, pas à quoi ressemble sa feuille.

  3. 3

    On compare les deux à l'historique de ton champ. Pas celui du voisin. Quatorze jours de normalité pour ce champ, cette culture, cette saison.

  4. 4

    On croise avec les sept prochains jours de météo. Open-Meteo, récupéré frais chaque matin.

  5. 5

    Un contrôle court et déterministe tourne en edge. Pas de LLM sur ce chemin. Les mêmes entrées produisent toujours le même rapport.

  6. 6

    On l'écrit dans ta langue. Cinq langues pour le pilote. Les mots que ton conseiller agricole local utiliserait vraiment.

  7. 7

    Il est dans ton Telegram, WhatsApp ou webchat avant 07h00. Sur le canal que tu as ouvert hier.

Où Solco est sur le terrain

Solco a commencé le vrai pilote à un seul endroit : la province de Foggia, dans les Pouilles. Trois autres régions sont surveillées en parallèle — mais une seule a des capteurs au sol.

Le pilote en production

Province de Foggia, Pouilles, Italie

Blé, légumes et olives sur la plaine du Tavoliere. Des capteurs au sol mesurent l'humidité et la température en profondeur toutes les quinze minutes. Solco croise ces relevés avec le NDVI de Sentinel-2 vu d'en haut et les prévisions Open-Meteo sur sept jours. Le rapport du matin à 07h00 s'appuie sur ces trois signaux — ce que voit le satellite, ce que sent le capteur, ce qu'apporte la météo. C'est le seul endroit où Solco tourne chaque jour contre une vérité réelle, mesurée dans le sol. L'agriculteur du pilote est ici parce que nous sommes aussi d'ici, et la première version de ce produit doit fonctionner pour la personne chez qui on peut se rendre en voiture.

Surveillées, pas encore en pilote

Bavière, Bordeaux, Wielkopolska

Pour ces trois régions, on fait tourner la pipeline satellite + prévisions en parallèle, pour pouvoir observer en même temps ce qui arrive au blé en Bavière, aux vignes à Bordeaux et au colza en Wielkopolska pendant qu'on gère le vrai pilote. Mais il n'y a pas encore de capteurs au sol là-bas, et aucun agriculteur de ces régions ne lit le rapport au petit-déjeuner. Ce sont les prochaines portes à ouvrir, dans cet ordre, quand Foggia aura gagné le droit d'appeler le rapport du matin honnête.

Ce en quoi nous croyons

Le satellite le voit déjà. Le capteur au sol le ressent. Le difficile, c'est de traduire les deux en trois phrases sur lesquelles un agriculteur puisse agir.
Un bon rapport du matin n'est pas un tableau de bord. C'est une décision.
Les données de ton champ restent les données de ton champ. On n'entraîne pas de modèles sur le champ du voisin avec tes relevés.
Un agriculteur, un endroit, trente jours, des capteurs au sol. C'est plus honnête que mille inscriptions.

Qui construit ça

Solco est construit par Rocco Russo, seul, depuis une petite ville nommée Ordona dans la province de Foggia — la même plaine où sont les capteurs. Ingénieur logiciel de formation, agronome par accident. Le projet est public — chaque commit, chaque note hebdomadaire, chaque détour de parcours est sur le blog. Pas d'investisseurs, pas de plan d'embauche, pas de manifeste « l'IA va sauver l'agriculture ». Juste une personne dans les Pouilles qui écrit un logiciel qui doit fonctionner pour une personne sur la même plaine.

Essayer le pilote

Sois la prochaine région après Foggia. Ou le deuxième agriculteur du Tavoliere. On travaille en étroite collaboration, dans ta langue, dans ton champ.